Une vision née d’un regard lucide sur l’injustice

Dès son plus jeune âge, Jouvincy Darling Baptiste Clerveau a été profondément sensible aux réalités sociales et humaines de son pays. Toutefois, c’est à travers le regard et les témoignages directs de son époux que cette sensibilité est devenue un engagement déterminant.

Son mari a été témoin direct du mépris, de la souffrance et des humiliations subies par de nombreux migrants haïtiens, notamment lors de leur retour forcé. Il a pu constater de visu les conditions de vie indignes auxquelles ces personnes étaient confrontées : une alimentation insuffisante et inadaptée, des espaces de couchage insalubres, surpeuplés et dépourvus de toute dignité, ainsi que la manière brutale et déshumanisante dont elles étaient traitées après avoir subi de graves humiliations.

Ces récits, empreints de douleur et de révolte, ont profondément marqué Madame Clerveau. Elle a pris conscience que, après l’humiliation et le rejet, ces hommes et ces femmes arrivaient en Haïti sans aucun cadre d’accueil, sans protection et sans accompagnement, livrés à eux-mêmes dans un pays déjà confronté à de multiples crises.

Refusant de rester spectatrice face à cette injustice, elle a décidé de transformer cette indignation en action concrète. C’est ainsi qu’est né le PHAR – Programme Haïtien d’Assistance à la Réinsertion, un centre pensé comme un lieu de refuge, de respect et de reconstruction, où chaque personne accueillie peut retrouver sa dignité, sa sécurité et une perspective d’avenir.

Animée par une vision profondément humaine, Madame Jouvincy Darling Baptiste Clerveau a voulu que le PHAR soit bien plus qu’un centre d’accueil : un espace de renaissance, où l’accompagnement social, la formation et la réinsertion économique deviennent des leviers réels de transformation.

Aujourd’hui, son engagement personnel, nourri par ces témoignages vécus et par sa détermination inébranlable, inspire partenaires, institutions et citoyens à s’unir pour offrir une seconde chance à ceux dont la dignité a été bafouée.